Quand vous préparez votre tenue gravel, le réflexe, c’est de regarder la température au moment de partir, mais avec 10 degrés le matin et 25 degrés à midi, la tenue parfaite du départ devient vite celle qu’on regrette !
Perso, je roule trois fois par semaine dans les Vosges, mon terrain de jeu, toujours avec du dénivelé : avoir chaud en montée puis froid en descente, c’est mon quotidien.
Voici comment je m’habille de 0 à 30 degrés, pièce par pièce, avec une règle simple : s’habiller pour toute la journée, pas pour le départ.
Si vous partez plusieurs jours, j’ai écrit ma liste de vêtements pour le bikepacking sur Route du Vélo, ici, on parle de sorties à la journée.
Pourquoi s’habiller pour la journée et pas pour le départ ?
Une tenue gravel se choisit pour la température qu’il fera dans trois heures, pas pour celle qu’affiche le thermomètre quand vous sortez du garage.
Prenez une sortie de septembre : on part à 10 degrés le matin et il en fait 25 l’après-midi.
Rouler en long à 25 degrés, c’est un peu trop, mais partir les jambes nues à 10 degrés, c’est limite, d’où l’intérêt de pouvoir enlever et remettre des couches en route.
Avant de partir, je regarde donc la météo de toute la sortie : s’il va pleuvoir, si la température reste stable ou si on va gagner 10 degrés en 2 heures.
L’heure de départ compte aussi, le matin la température ne fait que monter, alors que l’après-midi, c’est l’inverse : je pars plus léger, avec de quoi me couvrir pour la fin de sortie.

Et une fois en selle, je ne regarde presque jamais le thermomètre, je suis plus en mode ressenti !
C’est le principe des pelures d’oignon : des couches fines que vous enlevez et remettez selon la journée, plutôt qu’une grosse tenue que vous subissez de bout en bout.
Peu importe que votre tenue vélo gravel vienne de la route ou du VTT, tant qu’elle se module, c’est d’ailleurs pour ça que presque tous mes vêtements gravel sont courts : un vêtement gravel court se complète, un long se subit.
Concrètement, voici le système que je porte toute l’année…
Mon système de base : du court toute l’année, complété au besoin
Toute l’année, je roule en cuissard court auquel j’ajoute des jambières et en maillot court auquel j’ajoute des manchettes, j’ai bien quelques maillots et cuissards longs dans l’armoire, mais ils ne sortent pas souvent…
Alors vous allez me dire : autant partir en long, on n’aura pas à s’arrêter pour se changer !
Sauf qu’à 25 degrés l’après-midi, le long devient vite pénible (et retirer un cuissard long au bord d’un chemin, c’est une autre affaire…).

Les jambières, elles, s’enlèvent et se remettent quand vous voulez, c’est tout leur intérêt.
Les miennes sont en mérinos, douces, légères et vraiment agréables à porter : même un peu humides, elles bloquent le froid ! Bon, le seuil est simple : au-dessus de 10 degrés, pas de jambières, en dessous, je les sors.
Autre avantage de ce setup : vous utilisez les mêmes cuissards toute l’année, de bout en bout, le jour où vous les changez, vous renouvelez tout l’ensemble d’un coup.
Pour moi, une tenue gravel qui marche toute l’année, c’est du court et des couches qu’on ajoute selon la journée.
Quelle tenue gravel selon la température ?
Voici ce que je porte vraiment sur mes sorties dans les Vosges, plage par plage, avec les gants que j’utilise aujourd’hui.
Ma tenue selon la température
| Température | Haut | Bas | Mains | Tête et pieds |
|---|---|---|---|---|
| Au-dessus de 25 °C | Maillot court synthétique | Cuissard court | Gants courts Van Rysel 920 | Pas de gapette au-dessus de 30 °C |
| De 10 à 25 °C | Maillot court, sous-couche selon la journée | Cuissard court | Gants courts | Gapette (hors été) |
| De 5 à 10 °C | Maillot court, sous-couche, veste softshell | Cuissard court et jambières | Gants longs LeBram Off-Road | Gapette |
| De 0 à 5 °C | Sous-couche, maillot et manchettes sous la veste d’hiver | Cuissard court polaire et jambières | Gros gants d’hiver, couvre-gants | Bonnet, tour de cou, couvre-chaussures |
| Toujours dans la poche | Coupe-vent ou coupe-pluie |
Entre 10 et 25 °C, la plage où tout se joue
C’est la plage la plus courante et la plus piégeuse, parce qu’une même sortie peut passer d’un bout à l’autre.
Le maillot court et le cuissard court ne bougent pas, c’est clairement la sous-couche qui fait la différence, j’en ai quatre niveaux :
- Le débardeur : seul le buste est couvert, pour les journées qui s’annoncent plutôt chaudes dans la journée.
- Les manches courtes : le modèle de base.
- Les manches longues : pour un départ frais.
- Les manches longues avec un grand tour de cou : la plus couvrante, elle descend jusqu’aux mains.
À 15 ou 20 degrés, ma tenue vélo ne change presque pas, seule la sous-couche s’adapte aux températures annoncées sur toute la journée.
Sous 10 °C : jambières, manchettes et gants longs
Comment s’habiller à vélo à 10 degrés ? Pour moi, c’est la frontière : je sors les jambières, puis les manchettes avec.
Entre 5 et 10 degrés, je passe aussi aux gants longs, j’y reviens un peu plus bas avec les mains.
Tenue gravel en hiver : entre 0 et 5 °C
Entre 0 et 5 degrés, je pars avec mon cuissard court le plus chaud, doublé de polaire à l’intérieur, plus mes jambières, toujours : pas de pantalon gravel pour moi, le cuissard suffit.
Côté pieds, je garde mes chaussures d’été, des Quoc Gran Tourer II, avec des couvre-chaussures par-dessus qui coupent la pluie mais aussi le vent.
Ça fait très bien le taf et ça vous évite d’acheter une deuxième paire de chaussures spéciale hiver !
Mais attention, beaucoup de couvre-chaussures sont pensés pour la route et ne passent pas sur des cales SPD de gravel, les GripGrab Expert Rain Gravel ont une ouverture prévue pour ces cales selon la fiche du revendeur, je ne les ai pas testés.

Pour le haut, ma veste gravel d’hiver n’est pas très épaisse, mais elle coupe vraiment le vent… et c’est ça qui est super important en hiver.
Si je devais en racheter une aujourd’hui, je regarderais la EKOI Perf Cargo Odyssey, pensée pour le gravel et la route : membrane coupe-vent, intérieur polaire, elle est annoncée « jusqu’à −5 °C ressenti » par EKOI.
Je ne l’ai pas portée, mais elle coche tous mes critères et quand il fait vraiment froid, j’empile : sous-couche, maillot et manchettes sous la veste, puis le coupe-vent ou le coupe-pluie par-dessus pour couper l’air froid qui arrive.
Au-dessus de 25 °C
Au-dessus de 25 degrés, je passe au synthétique, je vous explique pourquoi dans la partie sur le maillot.
Et cet été, j’ai découvert que la gapette pouvait me faire surchauffer : dès qu’on passait les 30 degrés dans les montées, c’était elle qui me mettait un coup !
Je ne l’ai plus remise depuis… mais avec le frais qui revient, elle va ressortir.
Pourquoi on a froid en descente ?
En descente, ce n’est pas l’air qui est trop froid, c’est votre maillot mouillé de sueur qui prend le vent de face.
Le vent, la vitesse et un maillot trempé : c’est ce trio qui donne cette sensation de froid, même par une belle journée.
Le calcul : d’après la table officielle du refroidissement éolien d’Environnement Canada, à 0 degré, on ressent −3 degrés à 10 km/h, une allure de montée, contre −8 degrés à 50 km/h dans la descente. Autrement dit, vous perdez 5 degrés sur la peau sans que le thermomètre ait bougé ! Et encore, cet indice ne concerne que la peau exposée (il n’est d’ailleurs publié qu’à 0 degré et en dessous) : il ne tient même pas compte du maillot mouillé.
Du coup, en montée, je n’enlève rien, sauf quand il commence à faire vraiment chaud : le signal, c’est quand on commence à trop transpirer.
Mieux vaut enlever vos couches avant qu’elles soient mouillées, puis les remettre une fois en haut, juste avant de basculer dans la descente.
Le coupe-vent, lui, ne quitte jamais ma poche : je l’enfile avant une grande descente si j’ai beaucoup transpiré, puis je l’enlève une fois en bas.
Coupe-vent, gilet gravel ou veste pluie gravel ultra fine, peu importe le nom, ce que vous cherchez, c’est couper l’air.
Astuce : enlevez une couche avant d’être mouillé, pas après : une fois trempée, elle vous refroidira dans la descente.
Mais à partir de combien de degrés faut-il enfiler le coupe-vent ?
Decathlon explique qu’au-delà de 50 km/h en descente, on peut avoir froid même à 20 degrés, Gravel Passion conseille de son côté une veste coupe-vent de mi-saison au-dessus de 10 degrés.
Moi, je ne raisonne pas en degrés.
Lors de ma dernière sortie côté vallée de Munster, on est montés aux Trois-Épis puis encore un peu plus haut, départ au frais le matin, la grande descente est arrivée vers 13 h, il faisait 23 ou 24 degrés : le coupe-vent n’est même pas sorti de la poche !
Mon critère, c’est la sueur et la longueur de la descente, pas le thermomètre.

Mon coupe-vent à moi, c’est une veste de pluie DHB compacte qui fait aussi coupe-vent, sauf que la marque a disparu et que je ne lui ai pas encore trouvé de remplaçante (pourtant, je cherche…).
Si je devais en prendre une demain, je regarderais la EKOI Perf Shark : 150 grammes annoncés et elle se range dans une poche de maillot.
Je ne l’ai pas testée mais EKOI parle de double zip et ça c’est top !
Et pour les jambes sous la pluie ? Je ne porte pas de pantalon de pluie, j’accepte d’avoir les jambes mouillées, j’en parle d’ailleurs dans mon article sur les vêtements à emporter en voyage.
Quel maillot gravel et quelle sous-couche ?
Le maillot gravel, c’est la pièce qu’on voit, mais c’est sa matière qui change tout : j’alterne entre synthétique et mérinos selon la saison.
Un maillot synthétique colle à la peau et laisse passer l’air, qu’il soit sec ou mouillé : par forte chaleur, c’est top, au frais ou en descente, beaucoup moins…
Le mérinos est plus détendu, il ne touche pas toujours la peau, donc on sent moins la fraîcheur.
Et mouillé, j’ai l’impression qu’il bloque l’air, comme si la laine bouchait un peu les pores, mais je n’ai aucune mesure pour le prouver, c’est un ressenti…
Mes maillots mérinos, des DHB (une marque qui n’existe plus), je les ai portés à l’intersaison et même en été, jusqu’au jour où la forte chaleur m’a renvoyé au synthétique.

Depuis, je cherche un maillot gravel mérinos pensé pour l’été, sur le papier, le EKOI Racing Gravel Mérinos coche la case, avec 41 % de laine et une plage de 15 à 25 degrés annoncée par EKOI.
Je ne l’ai pas testé, je vous le signale simplement parce que c’est exactement ce que je cherche.
En ce moment, je teste justement de rouler plus souvent en synthétique, mais avec le frais qui arrive, je vais repasser au mérinos.
Pour un maillot d’été en synthétique, le EKOI Racing Gravel Performance a ce qu’on attend en gravel, sa fiche annonce trois poches arrière, deux latérales et des manches en Cordura contre les accrocs.
Pas testé non plus, mais il est unisexe, il fera donc l’affaire aussi bien comme maillot gravel homme que femme.
Et les maillots gravel à manches longues ? J’en ai, mais je préfère un maillot court avec des manchettes, pour la même raison que les jambières.
Sous le maillot, tout se joue sur la sous-couche, j’ai un paquet de t-shirts gravel techniques, du débardeur aux manches longues en mérinos près du corps, en passant par des modèles plus amples ou à zip qui montent jusqu’au cou.
Je les porte sous le maillot ou sous la veste, selon la météo de la journée.
Et la chemise gravel ?
Je n’en ai aucune dans mon armoire : la chemise gravel, c’est un peu le cliché du gravel !
Il y a eu une période où beaucoup de monde roulait en chemise et l’idée n’est pas mauvaise, mon pote Paul l’a d’ailleurs essayée et il me semble qu’il aimait bien.
Mais c’est avant tout une question de look, en gravel, le look compte peut-être encore plus qu’en route ou en VTT : shorts de VTT, maillots de route, chemises de vélotaf… on pioche partout et c’est ça qui est cool !
Short gravel ou cuissard ?
Pour moi, c’est le cuissard, je roule très rarement en short : je le sors en vélotaf ou quand je prends le vélo pour aller voir des amis, pas pour une vraie sortie.
J’ai pourtant essayé, parce qu’avec une selle en cuir, on dit qu’on peut se passer de cuissard.
Avec ma Berthoud Aspin, le modèle ouvert, j’ai donc tenté le short sans peau, résultat : la peau se fait pincer en pédalant et sur les bosses, la selle se déforme et vient la coincer entre les jambes… pas super agréable !
Je vous raconte cette selle dans mon test de la Berthoud Aspin, mais retenez qu’un short gravel avec peau ou un sous-short gravel en dessous évite ce problème.
Mon pote Paul, lui, a longtemps roulé en short (il venait du VTT) avant de passer au cuissard : au final, les shorts gravel ou le cuissard, c’est une affaire d’affinité.
Vous ne trouverez donc pas de sélection de short gravel homme ici : je n’en porte pas assez pour vous en conseiller un honnêtement.
Le cuissard maintient la jambe et j’ai même l’impression que ça aide la circulation, sans mesure pour le prouver.
À l’inverse, un vêtement ample prend le vent : ça se sent tout de suite sur le vélo.

Mes premiers cuissards étaient des EKOI, à mes débuts, tout le monde s’équipait chez eux, alors j’ai fait pareil : la tenue complète coûtait moins de 100 € à l’époque, si mes souvenirs sont bons.
C’est avec eux que j’ai fait mon premier 100 km puis mon premier 200 km, avant de passer à la peau Elastic Interface en découvrant DHB (même si leur peau n’était pas si mal).
Mon conseil : prenez le cuissard prévu pour la plus longue durée, un modèle annoncé pour 7 heures marche très bien sur une sortie de 3 heures… et le jour où vous partez pour 7 heures, il est déjà là !
Pour aller plus loin, j’ai détaillé comment choisir son cuissard gravel.
Mains, pieds, tête : comment couper le vent ?
Aux extrémités aussi, tout se joue sur le vent : mes gants gravel suivent trois paliers.
Au-dessus de 10 degrés, je roule en gants courts, des Van Rysel 920 Elastic Interface que j’ai passés au crible dans mon test des gants Van Rysel 920.
Entre 5 et 10 degrés, je passe aux gants longs LeBram Off-Road, avec une paume Elastic Interface vraiment bien, c’est d’ailleurs une marque que j’adore, autant sur un cuissard que sur des gants !
Entre 0 et 5 degrés, je sors mes plus gros gants d’hiver, bien épais, pour cette plage, les EKOI Perf Hipora Ice Proof sont annoncés de +5 à −5 degrés par EKOI, je ne les ai pas testés.

J’ai essayé les sous-gants sans être convaincu, par contre, les couvre-gants coupent le vent par-dessus le gant, comme un couvre-chaussures… et ça marche !
Chaque gant gravel a donc sa plage, c’est le vent qui décide.
Pour les pieds, je vous en parlais plus haut : des couvre-chaussures sur mes chaussures d’été, que je détaille dans mon comparatif de chaussures gravel.
Pour la tête, ma casquette gravel (ou plutôt ma gapette gravel) ressort dès qu’il fait un peu frais.
Quand il fait vraiment froid, je monte le tour de cou jusqu’aux oreilles et je mets un bonnet par-dessus, parce que protéger les oreilles, c’est super important !
Ça bouge un peu et il faut bien caler le tout sous le casque, mais je préfère ce combo à la cagoule, que j’ai portée il y a très longtemps. Mes tours de cou, eux, viennent de chez Decathlon.
Quelle erreur de tenue fait-on quand on débute ?
La plus grosse erreur, c’est la taille, parce que chaque marque a sa grille, que ce soit pour les maillots, les cuissards, les chaussures ou même les casques.
Mesurez donc tout ce que la marque demande de mesurer, puis choisissez votre fit, plus ou moins près du corps selon ce que vous aimez.
Et surtout, ne supposez pas la même taille en haut et en bas.
Prenez mon cas pour une tenue gravel homme : à 1,73 m pour 65 à 70 kg, je prends mes maillots en S ou XS, mais mes cuissards en M.
J’ai déjà roulé avec un cuissard en S, trop petit, qui comprimait tellement les cuisses pendant l’effort qu’il coupait presque la circulation…
Même chose avec un maillot un peu trop serré : quand je baisse le zip pour m’aérer, passé une certaine ouverture, il glisse et s’ouvre presque entièrement tout seul, agaçant !
Astuce taille : mesurez le haut et le bas séparément : on fait rarement la même taille partout.
Conclusion
Au final, ma tenue gravel tient en peu de choses : du court, des jambières, des manchettes et un coupe-vent toujours dans la poche.
Si vous venez de la route, gardez vos cuissards et ajoutez des jambières, si vous roulez avec beaucoup de dénivelé, réglez-vous sur la sueur plutôt que sur le thermomètre.
Pour le reste du matos, casque, chaussures ou sacoches, j’ai réuni tout l’équipement pour faire du gravel.
Bonne route… et gardez le coupe-vent dans la poche !
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Marvin de Gravel Rider
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